Une synergie entre entreprises est une coopération dont l’effet combiné est supérieur à la somme des parties. Le terme sert surtout à justifier des fusions-acquisitions. Il couvre pourtant aussi les coopérations entre entreprises restées indépendantes : achats groupés, collecte commune des déchets, échange de chaleur ou de sous-produits entre voisins d’une même zone d’activité. Ces synergies ne demandent ni rachat ni prise de participation. Elles reposent sur une connaissance précise des flux de chacun et sur un contrat bien rédigé.
Dans ce guide
- Rencontres d’affaires inter-entreprises : repérer de nouvelles opportunités de synergies
- Synergies inter-entreprises en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes
- Programme National de Synergies Inter-Entreprises (PNSI) : principe, méthode et territoires
- Cci des landes
- Actualité haute normandie
- Mail type
- Maison des compétences lillebonne
Qu’est-ce qu’une synergie entre entreprises ?
Une synergie existe lorsque plusieurs acteurs obtiennent ensemble un résultat que chacun, seul, ne pourrait atteindre. On la résume souvent par la formule « 1 + 1 = 3 ». La création de valeur peut prendre trois formes : un chiffre d’affaires additionnel, une baisse des charges ou une économie de ressources (matière, énergie, eau, foncier).
Deux situations se distinguent nettement :
- le rapprochement capitalistique, où une entreprise rachète l’autre ou fusionne avec elle, et où la synergie attendue justifie le prix payé ;
- la coopération entre entreprises indépendantes, qui conservent leur actionnariat et contractualisent seulement sur un flux, un équipement ou un service.
Le second cas relève de l’écologie industrielle et territoriale (EIT), démarche qui optimise l’usage des ressources à l’échelle d’un territoire par la coopération entre acteurs économiques. Les ressources pédagogiques de l’UVED et les travaux de Mines Paris – PSL en posent les fondements.
Les grandes familles de synergies inter-entreprises
Synergies de mutualisation et de substitution entre entreprises indépendantes
Les synergies de mutualisation consistent à mutualiser la fourniture ou le traitement des flux. Concrètement, il peut s’agir d’achats groupés de consommables, d’emballages ou d’énergie, d’une collecte commune des déchets, d’un équipement ou d’une aire de stockage partagés, d’une navette logistique ou d’un salarié à temps partagé via un groupement d’employeurs. Le gain vient du volume. Le Sénat cite ainsi un achat groupé de véhicules entre communes qui aurait permis 10 à 15 % d’économie par rapport à des achats séparés : c’est un ordre de grandeur observé dans le secteur public, pas une règle.
Les synergies de substitution font du rejet de l’une la ressource de l’autre. Quelques exemples :
- la chaleur fatale d’un four valorisée par un séchoir voisin ;
- des eaux industrielles réemployées ;
- des coproduits organiques orientés vers la méthanisation ;
- des chutes métalliques reprises par une fonderie.
Elles exigent une compatibilité de qualité, de volume et de calendrier entre les deux sites. L’EIT ajoute une troisième famille, les synergies de développement, qui consistent à créer une activité locale autour d’un coproduit.
Sur les zones que j’accompagne, les premières synergies concrètes portent presque toujours sur la mutualisation : cartons, palettes, déchets industriels banals, contrat d’électricité. Les substitutions viennent ensuite, une fois la confiance installée et les flux de matières et d’énergie connus.
Synergies de revenus, de coûts et financières lors d’un rapprochement capitalistique
Une fusion se justifie par trois catégories de synergies.
Les synergies de revenus (vente croisée, accès à de nouveaux marchés) sont les plus longues à capter. McKinsey & Company souligne la difficulté à fixer des objectifs appropriés et à exécuter de nouvelles stratégies commerciales.
Les synergies de coûts (suppression des doublons, pouvoir de négociation accru) se matérialisent plus vite.
Les synergies financières (coût de la dette, diversification) restent discutées. Le Vernimmen soutient que la diversification purement financière ne crée pas de valeur, puisque l’actionnaire peut diversifier lui-même son portefeuille. Seul l’effet d’auto-assurance contre la faillite, entre activités peu corrélées, résiste à l’analyse.
La théorie de l’agence de Jensen et Meckling ajoute un autre motif de rachat : le remplacement de l’équipe dirigeante en place.
Méthode : détecter et concrétiser des synergies sur un territoire
La détection se mène sur un périmètre restreint, comme une zone d’activité ou une intercommunalité, en cinq étapes.
- Cartographie des flux. Un pré-diagnostic est réalisé sur chaque site. Il recense les entrants, les sortants, les déchets, l’énergie, l’eau et le transport, avec leurs volumes, leur fréquence et leur qualité. L’objectif n’est pas de modéliser tout le métabolisme du territoire, mais de quantifier ce qui est échangeable.
- Ateliers et rencontres d’affaires. Chaque entreprise déclare sur une fiche ses ressources disponibles et ses besoins, puis un animateur forme des binômes. Les rencontres d’affaires inter-entreprises alternent deux types de séquences : des séquences descendantes de sensibilisation, puis des séquences ascendantes d’échange entre pairs.
- Étude de faisabilité. Elle vérifie la compatibilité technique, la réglementation applicable aux déchets, la distance, le coût logistique et l’investissement nécessaire.
- Contractualisation. Une convention fixe le prix, les volumes, la qualité et les responsabilités de chaque partie.
- Suivi. Les indicateurs (tonnages évités, énergie économisée, coûts) sont revus à une périodicité fixe.
Les participants qui arrivent à l’atelier avec des flux déjà chiffrés repartent avec des pistes. Une ressource décrite comme « déchets divers » ne trouve jamais preneur.
Le Programme National de Synergies Inter-Entreprises et ses déclinaisons régionales
Le Programme National de Synergies Inter-Entreprises (PNSI) transpose en France la méthode britannique NISP (programme national de symbiose industrielle). Il a été expérimenté sous l’égide de l’ADEME et de l’Institut de l’Économie Circulaire dans quelques régions pilotes, dont Rhône-Alpes. Son principe consiste à faire émerger un grand nombre de pistes lors d’une session courte, puis à accompagner les plus solides.
| Phase | Contenu |
|---|---|
| Atelier collectif | Déclaration des ressources et des besoins, mise en relation sur place |
| Qualification | Vérification des volumes, de la distance et de la conformité |
| Accompagnement | Appui technique et juridique jusqu’à l’accord |
Les anciennes régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, aujourd’hui regroupées en Nouvelle-Aquitaine, ont accueilli des déclinaisons du programme selon cette même logique, avec des ateliers organisés à l’échelle des bassins d’activité. Les spécificités de ces territoires sont détaillées dans la page consacrée aux synergies inter-entreprises en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes.
Conditions de réussite et limites des synergies inter-entreprises
Quatre conditions déterminent la durée d’une synergie :
- Confiance : révéler ses volumes et ses coûts expose l’entreprise. Une clause de confidentialité s’impose dès l’atelier.
- Proximité géographique : pour un flux à faible valeur, le coût du transport absorbe vite le gain.
- Régularité des flux : une ressource saisonnière, ou qui dépend d’un seul client du fournisseur, fragilise l’accord.
- Cadre juridique : un déchet garde son statut tant qu’il n’en est pas sorti réglementairement. Son producteur reste responsable jusqu’à la valorisation finale, ce qui impose une traçabilité par bordereaux.
Sans fusion ni prise de participation, la gouvernance repose sur le contrat. Celui-ci doit préciser l’objet, les volumes, les tolérances de qualité, la formule de prix, la répartition des responsabilités, la durée et les conditions de résiliation. Pour un emploi partagé, le groupement d’employeurs offre le cadre adapté. Pour un équipement commun, une association de zone ou un groupement d’intérêt économique (GIE) porte l’investissement sans lier les capitaux des membres.
FAQ
Quelle est la définition de la synergie d’entreprise ?
La synergie d’entreprise désigne le gain obtenu lorsque deux entreprises ou plus coopèrent et produisent un résultat supérieur à celui qu’elles obtiendraient séparément. Elle peut naître d’un rapprochement capitalistique (synergies de revenus, de coûts ou financières). Elle peut aussi naître d’une coopération entre entreprises indépendantes : mutualisation d’achats ou de services, ou substitution, lorsque le rejet de l’une devient la ressource de l’autre.
Quelle est la définition de « synergie » et quel est son synonyme ?
Le mot vient du grec sunergia, « travail en commun ». Il désigne l’action coordonnée de plusieurs éléments dont l’effet global dépasse la somme des effets individuels. Selon le contexte, on emploie comme synonymes « coopération », « complémentarité » ou « convergence ». En écologie industrielle, on parle aussi de « symbiose industrielle » pour désigner un réseau d’échanges de flux entre entreprises voisines.
